jeudi 19 novembre 2009

Finance carbone : les Amis de la Terre ne sont pas les bienvenus à l'AMAFI !

BILLET D'HUMEUR
Par Yann Louvel

Une belle conférence réunissant tout le gratin de la finance carbone française avait lieu ce matin dans le beau palais de BNP Paribas, rue Bergère à Paris. Enfin, belle sur le papier, car je n'ai malheureusement pas pu aller le vérifier par moi-même puisqu'on ne m'y a pas laissé rentrer ! Un désagréable sentiment d'être mis à l'écart qui s'explique peut-être par les récentes études des Amis de la Terre qui dénoncent les dérives que prennent les marchés carbone. Comme nous l'avons déjà exprimé sur ce blog, le risque n'est pas mince, puisqu'on pourrait se retrouver d'ici quelques années avec la situation suivante : des grandes entreprises et des banques/courtiers/traders pleins aux as mais... pas de réelles réduction des émissions de gaz à effet de serre!!! Ceci explique peut-être cela...



Sur le papier, le programme était alléchant : tous les acteurs français de la finance carbone réunis sous le même toit, et pas n'importe quel toit : l'auditorium BNP Paribas de l'immeuble historique fraîchement réhabilité du 14, rue Bergère, dans le 9ème arrondissement! C'est l'AMAFI qui régalait : l'Association française des MArchés FInanciers pour les professionnels de la bourse et de la finance, pas besoin de faire un dessin, le nom parle de lui-même.

Au programme donc, "panorama des marchés du carbone, présentation et pratiques de marchés, retours d'expérience d'acteurs du secteur" et surtout le plus intéressant : discussion sur les "nouveaux marchés" à venir et sur les "enjeux de la conférence de Copenhague" concernant ces marchés carbone! Bref, du lourd! Arrivée cordiale, stand d'accueil habituel, mon inscription est enregistrée, mon badge déjà fait, tout semble parfaitement se dérouler... mais en fait, non, finalement, je ne suis plus vraiment le bienvenu à cette conférence qui a un énorme succès, si énorme qu'il faut bien donner la priorité aux membres de l'AMAFI, la moindre des choses qu'ils peuvent attendre de leur association! Les ONG, ça passe après! Enfin, "les" ONG, disons plutôt "l'"ONG : j'apprends sans grande surprise que je suis le seul de cette tribu inscrit à cette conférence en tant que participant (le WWF intervient à la tribune sur les enjeux liés à Copenhague).

Je temporise, beaucoup de personnes s'inscrivent à ce type de conférence mais ne viennent pas, il devrait bien rester quelques places à la fin où je pourrais m'installer... mais non! Un des directeurs de l'AMAFI vient doctement m'expliquer qu'il est vraiment désolé pour ce matin mais que non, ce ne sera pas possible pour moi de participer à la conférence, qu'ils attendent une affluence énorme de dernière minute, qu'ils m'ont envoyé un mail pour me prévenir (non lu pour cause de retour de congés), que la salle sera pleine à craquer et que bon, pour des raisons de sécurité incendie, forcément... mais que par contre, nous pouvons sans problème nous rencontrer plus tard pour évoquer ensemble les sujets de notre choix... On imagine en effet sans peine dans ce type de raoût en costumes trois pièces les dizaines de personnes assises par terre dans les marches de l'auditorium, debouts dans le fond, sur les côtés, bloquant les accès aux pompiers et violant gravement les consignes de sécurité les plus élémentaires! Après une heure d'attente, on vient me confirmer qu'il ne reste plus un seul petit strapontin où je puisse m'asseoir, et qu'il va donc falloir partir. On m'apprend surtout qu'"on a pas le mandat de me laisser entrer" de la hiérarchie, et qu'on ne peut pas faire grand chose pour moi, de peur de "perdre son poste"... Bigre, voilà qui est clair! Et on me raccompagne bien jusqu'à la porte, s'il me prenait l'envie d'aller vérifier cela par moi-même... La prochaine fois, j'amènerai mon siège pliable!-) Bref, l'élégance naturelle des financiers a été rompue et les bonnes manières entre gentlemen en costard-cravate en ont pris un coup : c'est la première fois qu'on me refuse l'accès à une conférence, en deux ans de campagne sur les acteurs financiers privés aux Amis de la Terre!

Un peu plus sérieusement et sans être trop parano, ça ressemble quand même furieusement à une mise à l'écart et à une réduction au silence délibérées. Pour quelles raisons? Peut-être à cause des dernières positions et rapports publiés par les Amis de la Terre sur les marchés carbone ces derniers mois... Les Amis de la Terre US et UK viennent en effet de publier des rapports d'expertise très intéressants (et très alarmants) sur ces marchés carbone, dont on attend monts et merveilles pour résoudre la crise climatique, et qui seront un des enjeux clés des négociations à venir de Copenhague!

Dans "Subprime Carbon" et "Simpler, Smaller and More Stable", les Amis de la Terre US mettent en garde les membres du Congrès américain, en pleine élaboration de leur futur marché du carbone, sur le besoin de régulation très sévère, à la fois financière et environnementale, pour éviter que tout le système ne parte en vrille, et qu'on se retrouve avec des crédits carbones pourris dont la valeur financière s'effondrerait... et qui ne réduiraient surtout pas les émissions de gaz à effet de serre! C'est ce que vient confirmer plus récemment le rapport des Amis de la Terre UK "Dangerous obsession" qui réitère toutes ces mises en garde, et rappelle surtout qu'il existe d'autres alternatives aux marchés carbone, ce que tout le monde a une fâcheuse tendance à oublier!

Oui mais voilà, les alternatives risquent d'être un peu moins payantes pour les traders et autres courtiers des marchés carbone. A leurs oreilles, "taxe", "régulation", "planification", "réglementation", ça sonne quand même beaucoup moins bien que "marchés" et "commissions"! Ca sonne surtout moins "bling, bling"! Et des alternatives qui rapportent moins et qui font pas tourner le business, ça fait aussi moins "croissance verte", n'est-ce pas?

Mais pourtant, les banquiers auraient tout intérêt à ce que le système des marchés de quotas fonctionnent bien comme il faut, pour qu'ils continuent de faire du fric, non? Euh ben non, pas vraiment! Un courtier achète et vend des produits financiers, quels qu'il soit, avec un seul objectif : en vendre toujours plus, puisqu'il touche une commission sur chaque transaction! Alors que ce soient des actions, des obligations ou des crédits carbone, il s'en tamponne le coquillard! Et qu'il y ait de l'eau dans le gaz avec ces crédits carbone et des petits problèmes d'intégrité environnementale et financière dans le système, ce n'est pas vraiment son problème ni sa préoccupation première! On a vu ce que ça donnait l'automne dernier avec les subprimes!

On pourrait continuer longtemps comme ça, tout ça pour dire que les intérêts des acteurs financiers et des grandes entreprises vont tout simplement fondamentalement à l'encontre de toute régulation environnementale et financière adéquate pour les marchés carbone, et qu'on peut leur faire confiance pour faire dérailler tout processus politique allant dans ce sens, grâce à leurs réseaux bien implantés jusqu'au sommet de l'Etat, en passant par Bercy et compagnie. On peut comprendre dès lors la frilosité de l'AMAFI face à toute mise en garde de la part d'associations. C'est tellement triste de remettre en cause tous les espoirs placés dans ce "nouveau marché prometteur en pleine expansion"...

Quoi qu'il en soit, le sujet est sur la table et on devrait en réentendre beaucoup parler dans les prochaines semaines et les prochains mois, pour le meilleur et pour le pire!

Alors à bientôt pour de nouvelles aventures!


Yann Louvel
Chargé de campagne Finance privée
Les Amis de la Terre France


PS : A lire aussi absolument sur le sujet la dernière chronique "Le marché des fous" d'Hervé Kempf du Monde sur les marchés carbone qui vulgarise et résume tout cela admirablement bien!




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mercredi 18 novembre 2009

Position Franco-Brésilienne pour Copenhague

Voici la déclaration conjointe de Sarkozy et Lula, sur la position de la France et du Brésil sur le changement climatique suite à leur rencontre du 14 Novembre.


Cette rencontre destinée à préparer le sommet de Copenhague, réaffirme la volonté de la France et du Brésil de trouver un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique.
La déclaration émise par le palais de l'Élysée reconnaît l'implication particulière que les pays industrialisés doivent prendre étant donné leurs capacités, leurs parts dans les émissions et leur responsabilité historique. Ce communiqué appuie à juste titre sur la nécessité d'un consensus entre pays industrialisés et pays émergents, il évoque un soutient financier « substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits États insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté ». Dans cette optique la création d'un registre de mesures, d'orientation et vérification des actions nationales des pays en voie d'industrialisation est aussi encouragée dans la position franco-brésilienne. Par ailleurs la coopération et le soutient technologique ainsi le partage des connaissances sont aussi mis en avant afin de trouver et de mettre en place des solutions au problème climatique.
Enfin il est à noter que la notion de marché carbone n'est pas défendue, ce qui est appréciable et marque peut-être une prise de conscience de l'inefficacité de cette approche.

Cette déclaration apparaît très positive dans ses intentions mais pêche en terme d'engagements. En effet bien que basée sur le quatrième rapport du GIEC, les chiffres avancés ne semblent considérer que le cas le plus positif des modèles climatiques. Il ressort de cette déclaration une volonté de limiter le réchauffement climatique à 2°C en réduisant les émissions mondiales de 50% d'ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990 et de 80% pour les pays industrialisés. Les Amis de la Terre ainsi que les gouvernements d'états insulaires demandent une baisse de 95% des émissions des pays industrialisés. De plus ces chiffres sont les seuls avancés, aucun engagement chiffré n'est pris pour des échéances plus courtes, il est pourtant vital de mettre en place des mesures dès maintenant. Il y a beaucoup à faire et beaucoup de solutions efficaces existent. Les moyens de financements ne sont pas non plus ne serait-ce qu'évoqués et il n'est pas non plus précisé si ces financements seront additionnels ou bien déduits de l'aide publique au développement.

La position présentée conjointement par la France et le Brésil a le mérite d'encourager la coopération internationale et avance une approche raisonnée de la crise climatique, cependant aucun engagement à court terme n'est mentionné, les moyens d'action ne sont pas précisés et les chiffres d'objectifs chiffrés sont insuffisants. Il est nécessaire que cet affichage médiatique rappelle l'urgence de la situation et amène à des mesures plus concrètes lors du sommet de Copenhague.

Position de la France

Yann Robiou du Pont des amis de la terre




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mercredi 11 novembre 2009

Marchés carbone : la dangereuse obsession ...


Les Amis de la Terre EWNI (Angleterre, Pays de Galles, Irlande du Nord) viennent de sortir le rapport « Dangerous Obsession » sur les marchés carbone pour la campagne sur les changements climatiques. Le rapport complet est distribué aux décideurs, média et chargés de campagne en vue de la conférence de Copenhague en décembre 2009. Le rapport complet est disponible à l'adresse suivante: http://www.foe.co.uk/resource/reports/dangerous_obsession.pdf



Réduire les émissions de gaz à effet de serre est l'un des défis les plus pressants pour l'humanité. Pour l'instant les pays développés ont largement échoué, n'ont pas agi suffisamment pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et n'ont pas pourvu l'aide économique plus que nécessaire aux pays en développement.

Dans ce contexte, le marché du carbone est régulièrement avancé comme un outil pour s'attaquer aux changements climatiques. Les défenseurs de cette fausse solution affirment que le marché carbone aide à réduire les émissions à un moindre coût, stimule l'investissement dans les infrastructures à faible impact environnemental et aide à générer une aide aux pays en développement pour les aider à faire face au changement climatique.

Le rapport des Amis de la Terre à partir duquel ce résumé est fait évalue les capacités revendiquées du marché du carbone à effectivement réduire les émissions de gaz à effet de serre, d'une manière juste et équitable. Ce rapport examine également les outils alternatifs au marché disponibles pour les gouvernements.





Les demandes des Amis de la Terre aux gouvernements:


1. Un accord pour que les pays industrialisés réduisent de 40% leurs propres émissions d'ici à 2020 et rejettent toute forme de compensation.
2. La création d'un nouveau mécanisme financier sous l'égide de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) afin d'assurer un financement adéquat d'au moins 200 milliards d'euros par an d'ici à 2012 pour aider les pays en développement à supporter leur transition vers un développement faiblement émetteur de CO2.
3. Rejeter l'introduction de la compensation par le mécanisme REDD (ou réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts), et d'obtenir à la place des lois efficaces et justes qui n'impliquent pas de compensations et qui reconnaissent et renforcent les droits coutumiers et territoriaux des populations indigènes et des communautés dépendantes des forêts.
Plus d'info sur REDD : rapport des Amis de la Terre « Les mythes au sujet du REDD ».

traduit par Yann Robiou du Pont
Les Amis de la Terre



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lundi 9 novembre 2009

En route pour Copenhague n°16 : L’architecture d’un nouveau traité pour le climat: peut-on encore reconstruire l’édifice ?

Post publié par Elise Buckle, du WWF, sur son blog.

L’architecture d’un nouveau traité pour le climat: peut-on encore reconstruire l’édifice ?

Cette semaine à Barcelone, les négociations ont été submergées par une vague de pessimisme. Les discussions à Bangkok avaient pourtant été constructives, même si les positions des principaux blocs (UE, USA , G77+Chine) demeuraient divergentes.



Alors que les experts du GIEC parlent maintenant d’une catastrophe climatique à partir de 1,5°C d’augmentation de la température moyenne globale, ce n’est plus une « maison » qu’il faut construire, mais un « château », un traité solide qui résiste aux aléas politiques, contre vents et marées.
Mais l’édifice climatique devient de plus en plus difficile à construire. Les impératifs du GIEC nous imposent un « toit » de plus en plus haut pour les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre : au minimum 25 à 40% pour les pays riches d’ici 2020, et 80 à 95% pour tous d’ici à 2050. Pendant ce temps, les émissions mondiales continuent d’augmenter en sens inverse de 2 à 3% par an…

Le deuxième élément important est que la crise économique a ruiné nos « rois », et nos dirigeants n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Lors du dernier sommet du G20, Gordon Brown a pourtant eu le courage de proposer une taxe sur les transactions financières, dont une partie du revenu serait utilisée pour le climat, mais l’idée a vite été balayée par les États-Unis. A cette occasion, Nicolas Sarkozy a été étrangement timide. Les conseillers de Christine Lagarde à Bercy nous avaient pourtant annoncé que la France soutenait fortement cette initiative. Dommage, car cet argent pourrait alimenter la cagnotte nécessaire à l’aide aux pays en développement : au moins 110 milliards d’euros par an, sans lesquels le « château » de l’accord climatique ne sera jamais bâti. (Voir : http://www.planete-attitude.fr/profiles/blogs/no-money-no-deal ).

Les fondements mêmes du « château » semblent bien fragilisés. D’après le Plan d’Action de Bali, le nouveau traité doit se construire sur la base des réduction des émissions (y compris déforestation), de l’adaptation, des financements, des technologies et du renforcement de capacité.

La discussion sur les institutions financières n’a pas pu aboutir, entre les européens qui défendent l’utilisation des institutions existantes (type Banque Mondiale, GEF), et les pays en voie de développement qui veulent un fonctionnement plus transparent, démocratique, efficace et accessible. Aujourd’hui il faut compter au moins 24 mois pour obtenir le moindre financement du GEF (Global Environment Facility), après avoir surmonté tous les obstacles de la bureaucratie.
Les volets adaptation, forêts, technologies et renforcements des capacités ont un peu avancé mais sont suspendus à la question du financement.

Concernant la réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation (REDD), on ne sait toujours pas si REDD inclut aussi le management durable des forêts et les plantations (REDD+), ou aussi l’agriculture et la gestion des sols (REDD++).

De plus, les objectifs cumulés de réduction des émissions des pays industrialisés atteignent à peine 20% d’ici 2020, alors que le GIEC et les pays du G77 demandent au moins 40%. Avec le soutien du G77 et de la Chine, les pays africains ont tapé du poing sur la table dès le premier jour à Barcelone, en menaçant de quitter les négociations si les pays riches ne prenaient pas plus la question au sérieux (http://www.planete-attitude.fr/profiles/blogs/barcelone-2009-les-pays ). A court terme, cela leur a permis d’exister, de faire entendre leur voix. A long terme, cela n’a rien changé des positions des pays riches.

Enfin et surtout, l’architecture juridique du futur accord de Copenhague est loin d’être décidée. Il y aura sans doute un accord. Mais cet accord prendra-t-il la forme d’une simple déclaration politique, d’une décision de COP, d’une décision de COP donnant un mandat pour définir un traité juridiquement contraignant en 2010, ou encore une décision de COP pour la Convention climat et un amendement de l’actuel Protocole de Kyoto ? A première vue, cette question peut paraître dénuée de sens, et pourtant, la forme est aussi importante que la substance pour la « solidité » du château : les murs extérieurs sont aussi importants que les meubles intérieurs. Ils garantissent que les États signataires restent dans les murs, et respectent leurs engagements sur une base juridique partagée. La question est aussi de savoir si nous allons garder deux « salles » séparées : les européens et autres pays industrialisés ayant des engagements contraignants sous le Protocole de Kyoto d’un côté et les autres, dont les États-Unis et la Chine, seulement vaguement limités par la Convention. Pourrait-on casser le mur et avoir un seul instrument juridique à l’horizon 2010 ou 2015 ? Chacun a sa propre vision de ce à quoi doit ressembler le nouvel accord.

A seulement 30 jours de l’ouverture des négociations à Copenhague, a-t-on encore le temps de reconstruire les bases d’un accord juridiquement contraignant pour le climat ? La réponse est sans doute négative, au risque de décevoir tous ceux qui se mobilisent et travaillent jour et nuit pour cet accord.

Il ne faut pourtant pas baisser les bras, car si Copenhague est une étape vers un traité juridiquement contraignant, elle n’en demeure pas moins une étape fondamentale. La bataille n’est pas terminée. Le plus nous avancerons à Copenhague et le moins de chemin il nous restera à parcourir pour la suite.

La deuxième bonne nouvelle, c’est que même si la loi américaine Waxman-Markey ne passera pas devant le Sénat avant décembre, elle a de plus en plus de chances d’être votée au tout début 2010, et le camp des opposants majoritairement républicains à cette loi a perdu du terrain. Si cette loi est adoptée, elle prévoit un changement radical de la société américaine, avec une réduction juridiquement contraignante de 80% des émissions d’ici 2050. Certes, cet objectif serait atteint à grand renfort de projets de compensation carbone à l’étranger (« offsets »), mais il s’agirait tout de même d’un tournant historique après les années Bush et impliquerait un effort sans précédent pour le développement des énergies renouvelables, les transports propres et l’efficacité énergétique sur le sol américain.

Enfin, la troisième bonne nouvelle, on l’espère, pourrait venir d’Orient. Plusieurs ministres européens et le Barack Obama doivent rendre visite à la Chine cette semaine. La Chine veut devenir le leader mondial de la lutte contre le changement climatique ; mais en attendant, elle construit en moyenne une centrale au charbon tous les 7 à 10 jours… Ce sera le sujet de la prochaine étape « En route pour Copenhague », depuis Pékin.


Elise Buckle
Responsable Energie – Climat pour le WWF France
(elise.buckle@wwf.panda.org , +41 79 278 48 90)



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jeudi 5 novembre 2009

Les Amis de la Terre appellent le président Obama à mériter son prix Nobel

Communiqué de presse des Amis de la Terre International

Le 2 Novembre 2009, Barcelone, Espagne – Alors que débute la dernière semaine des négociations sur le climat préalables au sommet de Copenhague, les Amis de la Terre International appellent Obama à mériter le prix Nobel de la paix qui lui a été attribué pour ses efforts dans le renforcement de la diplomatie internationale.



Au lieu de collaborer efficacement afin de résoudre la crise climatique, l'administration américaine sape les accords existants et fuit sa responsabilité de pays riche d'entrainer la lutte contre la crise climatique. Ne pas résoudre cette crise de manière juste et équitable est une menace pour la paix de notre monde ainsi que pour les droits de l'Homme fondamentaux. Bien que l'ouverture du Président américain à la diplomatie et aux négociations internationales soit un changement apprécié, elle doit être suivie par une action concrète.

« Le changement auquel nous croyons n'est pas une continuation de la politique climatique de l'ère Bush » a annoncé Kate Horner, analyste politique des Amis de la Terre États-Unis, « pour mériter son prix Nobel le président Obama doit mettre un terme à l'isolationnisme insensé et s'engager à agir en coopération afin de résoudre la crise climatique. »

« Le reste du monde semble souffrir d'amnésie profonde, oubliant que l'on a déjà laissé les États-Unis affaiblir sérieusement les accords climatiques », dit Antje von Broock, chargée de campagne climat aux Amis de la Terre Allemagne, en référence aux positionnements politiques des États-Unis. durant les négociations pour le protocole de Kyoto en 1997. « L'Union Européenne ne doit pas se laisser piéger à nouveau. »

Vanessa María Gálvez Hernández, des Amis de la Terre Guatémala a déclaré « Les peuples d'Amérique Centrale se battent pour préserver leurs territoires dans la lutte contre le changement climatique. Les corporations transnationales et les diverses élites sont responsables de la crise pour avoir promu de fausses solutions telles que les activités d'extractions, les plantations de monocultures, l'agro-business, le marché carbone et les accords d'échange libre. Nous préférons encourager un changement du système actuel, basé sur des principes de solidarité, d'équité, d'harmonie et de respect de la planète. »

Les Amis de la Terre font circuler une pétition internationale demandant au pays industrialisés de concrétiser la justice climatique avec de nouveaux objectifs d'au moins 40% de réduction des émissions comparées aux niveaux de 1990 ainsi que de fournir des financements publics suffisants pour l'adaptation des pays du sud aux changements climatiques.

Pour plus d'informations, visitez www.dubruitpourleclimat.org.

traduit par Yann Robiou du Pont
Les Amis de la Terre




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mardi 3 novembre 2009

Climat : à Barcelone, les leaders du monde doivent passer à l’action

Le dernier communiqué de presse de Greenpeace sur l'inter-session de la CCNUCC à Barcelone.

Barcelone, le 2 novembre – Greenpeace a déployé ce matin des banderoles appelant à sauver le climat sur la cathédrale de la Sagrada Familia de Barcelone, ville qui accueille le dernier round des négociations de l’Onu sur le climat, avant la conférence de Copenhague, prévue en décembre.




« Par cette action, Greenpeace rappelle aux leaders du monde qu'il est encore temps de trouver un accord qui sauve le climat lors du prochain sommet de Copenhague, commente Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France, présente à Barcelone. Il est encore tout à fait possible de négocier un accord juste, ambitieux et contraignant à Copenhague. La seule chose qui manque encore, c’est la volonté politique. »


Les États-Unis, toujours à la traîne

Sous la présidence de Barack Obama, les États-Unis, le premier pollueur de la planète, se sont montrés jusqu'à présent incapables de combler le fossé qui les sépare du reste du monde. Dans une récente analyse, Greenpeace a montré combien le projet de loi américain sur le climat a été affaibli par une série de compromis en faveur des industries fossiles, décrédibilisant l'engagement du président Obama à prendre la tête du combat contre les changements climatiques.



« Si les États-Unis veulent décrocher de leur addiction aux fossiles et rejoindre le reste du monde pour prévenir la crise climatique, Barack Obama doit prendre des engagements en accord avec la science du climat et non céder à l'opportunisme politique ou aux pressions des industriels du pétrole et du charbon », déclare Damon Moglen de Greenpeace Etats-Unis.



L’Europe doit joindre le geste à la parole

Réunis la semaine dernière à Bruxelles, les chefs d'État européens, de leur côté, se sont refusé à mettre sur la table de la monnaie sonnante et trébuchante pour soutenir les pays en développement, seule à même de mettre un terme au blocage des négociations internationales.



« À moins de 40 jours de Copenhague, les leaders de l'Europe doivent choisir leur camp. Ils peuvent attendre les États-Unis et faire partie du problème. Ils peuvent aussi décider de faire une offre concrète aux pays en développement, et faire partie de la solution », ajoute Karine Gavand, de Greenpeace France.



Les pays en développement font le plus d’efforts

Des mouvements significatifs émanent actuellement du monde en développement. L'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique se préparent à annoncer des plans robustes et chiffrés, impliquant des réductions significatives de leurs émissions de gaz à effet de serre.



« Il est trop tard pour se cacher derrière ceux qu’on désigne comme les mauvais élèves, a ajouté Ailun Yang de Greenpeace Chine. Il ne fait plus aucun doute que les pays en développement font nettement plus d'efforts pour tenter de résoudre cette crise, tandis que les pays industrialisés semblent passer plus de temps à expliquer qu’on a peu de chances d’obtenir un bon accord que de travailler en ce sens. ».



- Télécharger l’analyse du projet de loi américain (en anglais) sur

http://www.greenpeace.org/usa/press-center/reports4/business-as-usual

- Télécharger les attentes de Greenpeace pour Barcelone (en anglais) sur

http://www.greenpeace.org/climatepolicy



Contacts

Karine Gavand, Campagne Climat, 06 77 04 61 90 (à Barcelone)

Jérôme Frignet, Campagne Forêt, 06 79 93 15 30 (à Barcelone à partir de jeudi)

Adélaïde Colin, Communication, 06 84 25 08 25 (à Paris)





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