En route pour Copenhague n°15
Cacophonie à trois voix à Bangkok : l’avion, le train et le tuck tuck
A l’heure de la clôture des négociations sur le changement climatique à Bangkok, les messages dissonants des Etats-Unis, de l’Europe et des pays du G77 créent une confusion générale qui n’annonce rien de bon pour la suite. Sur la route de Copenhague, il y a non seulement trois voix mais aussi trois voies de négociation.
Et ces voies sont devenues d’autant plus divergentes que la crise financière a tendance à exacerber les divisions.
L’avion : la voie américaine, le « New deal »
La première voie, c’est celle des Etats-Unis. Certes, les Etats-Unis sont revenus à la table des négociations, mais ils n’ont aucune intention pour l’instant de ratifier le Protocole de Kyoto, qui était jusqu’ici la voie préférée des européens. Pendant cette semaine à Bangkok, les Etats-Unis ont cependant voulu reprendre la main sur l’agenda des négociations. En proposant lundi 5 octobre à Bangkok une proposition sur les financements climat, les Etats-Unis ont abattu une nouvelle carte, après les vives critiques des pays en voie de développement du G77 qui avaient suivi la communication européenne sur les financements climat.
Les européens avaient eu le mérite de mettre un chiffre sur la table, mais après avoir fait les calculs, les financements publics européens se réduisaient à une peau de chagrin, 2 à 15 milliards d’euros par an, sur les 110 milliards d’euros dont ont besoin au minimum les pays en voie de développement pour réduire leurs émissions et s’adapter aux impacts déjà dévastateurs du changement climatique. Après ce démarrage mouvementé, les américains ont essayé de sauver la mise, en Don Quichotte du financement climat.
Mais les pays en voie de développement n’ont été pas dupes : la proposition américaine s’apparente à une tentative de séduction des pays pauvres, en leur promettant une gouvernance équitable pour la gestion d’un fond climat et l’accès direct aux financements, au sein de l’institution la plus compétente, autrement dit, la Banque Mondiale avec du maquillage et des paillettes ! De plus, rien ne garantit que les Etats s’acquitteront de leurs engagements financiers afin d’alimenter le fond, qui risque alors de devenir une coquille vide.
Il faut aussi rappeler que les Etats-Unis pourront à peine revenir à leur niveau d’émissions de 1990, d’ici à 2020, avec aujourd’hui l’empreinte écologique la plus élevée du monde : environ 20 tonnes de CO2 par habitant et par an.
Les Etats-Unis se ventent donc de vouloir un « New Deal » à Copenhague, mais ils n’ont pas encore fait le ménage devant leur porte.
Le train : la voie européenne et le Protocole de Kyoto (« KP »)
Les européens, eux, font mieux concernant leurs émissions (environ 9 tonnes de CO2 par an et par habitant) mais aussi concernant leurs engagements futurs pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de l’ordre de 20 à 30% par rapport à 1990 d’ici à 2020 ; la Norvège ayant annoncé aujourd’hui jusqu’à 40% si un accord se dessine à Copenhague . 40% c’est ce que doivent atteindre les pays industrialisés si l’on veut rester dans les clous pour éviter une catastrophe climatique, selon les scientifiques du GIEC.
Le train européen est cependant plus lent à réagir que l’avion américain et les marges de manœuvre sont d’autant plus limitées qu’il faut que ses 27 wagons d’Etats membres acceptent d’aller dans la même direction. Les prochains Conseils européens fin Octobre seront un test pour l’Europe, qui devra se mettre d’accord sur des propositions concrètes si elle veut reprendre le leadership des négociations à la veille du sommet de Copenhague.
Les européens rentrent de Bangkok fourbus de courbature, après avoir reçus des attaques de toute part. Il va falloir qu’ils remontent la pente !
En effet, les européens ont été accusés de tentative d’assassinat du Protocole de Kyoto… Ils ont ouvert une boîte de pandore en annonçant qu’ils voulaient une seule et unique voie vers Copenhague, pour aboutir à un traité légalement contraignant englobant à la fois l’Europe, les Etats-Unis et la Chine. Plus personne ne veut s’engager sur une deuxième période d’engagements sur la voie du Protocole de Kyoto si les deux plus gros émetteurs, les Etats-Unis et la Chine (1/3 des émissions mondiales à eux deux !) ne font pas partie du deal.
La crainte des ONG et des pays en voie de développement est de perdre les acquis de Kyoto qui avaient été obtenus dans la sueur, après de longues et douloureuses négociations. Il faudra tout faire pour obtenir à Copenhague un objectif de plafonnement des émissions globales (36Gt.eqCO2 en 2020), une répartition des efforts entre pays, un échéancier, et un système de sanction en cas de non-respect des engagements, sans quoi on risque de se retrouver avec une belle déclaration politique vide d’outils pour le passage à l’acte.
La tuck-tuck : la voie des pays en voie de développement (« LCA »)
La troisième voie, c’est celle qui associe actuellement les pays en voie de développement à la Convention Climat dans les négociations. Les pays du G77 acceptent de faire davantage d’efforts pour la lutte contre le changement climatique à condition d’obtenir de l’aide financière des pays riches qui doivent aussi payer la facture des dégâts occasionnés par leurs émissions historiques. On trouve ici l’Inde et l’Afrique dont les émissions par habitant ne dépassent pas 1 à 2 tonnes par habitant et par an.
Mais concernant les pays émergents, les pistes sont d’autant plus brouillées que les inégalités au sein de leur propre pays augmentent, avec des niveaux de richesse très différents entre ceux qui peuvent se payer l’avion, le train ou le tuck tuck… La Chine se retrouve donc à faire des alliances avec les Etats-Unis, et le Brésil avec la France.
Au final, il faudra pourtant un jour que nous arrivions à une convergence de toutes ces voies, si nous voulons arriver à stabiliser nos émissions à 2 tonnes de CO2 par habitant et par an. La voie du milieu donc, qui pencherait plutôt du côté du train ou même du tuck tuck… partager les richesses et ralentir le rythme effréné de nos vies occidentales.
Le nœud de ces négociations tient peut-être à un fil : la volonté individuelle de changer nos modes de vie, et la volonté collective et politique de changer de modèle de société, pour une société équitable et sobre en carbone.
Elise Buckle
Responsable Energie – Climat pour le WWF France
(elise.buckle@wwf.panda.org , +41 79 278 48 90)
Blog de Elise Buckle
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vendredi 16 octobre 2009
lundi 12 octobre 2009
Scandale : le soja GM détruit l’Amérique du Sud et cherche à encaisser des "Crédits Carbone" !
Quel rôle jouent certaines ONG ?
Depuis des années, les lobbies de l’agrobusiness s’activent dans les coulisses des négociations sur le climat !
Alors que la quinzième Conférence des Parties (COP 15) sur les Climats, organisée par les Nations Unies à Copenhague, approche, un nouvel accord doit être signé pour la période post-2012. Il est de plus en plus évident que l’agrobusiness essaye de tirer profit de l’énorme marché des crédits carbone.
Article de Javier Rulli pour "La soja mata" avec l’aide de Stella Semino du "Grupo de Reflexión Rural". Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre.
Sous le terme d’ « agriculture de conservation », Monsanto et ses autres alliés des biotechnologies ont infiltré la FAO (l’Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation) et la Convention Cadre sur les Changements Climatiques des Nations Unies (UNFCCC) dans le but d’obtenir des crédits carbone pour l’agrobusiness. La certification volontaire pour le soja Roundup Ready « responsable » sponsorisé par le WWF et une nouvelle méthodologie pour les Mécanismes de Développement Propre [1] sont deux étapes importantes pour accéder à ce marché de trois milliards de dollars.
Les propositions d’inclure l’agriculture dans les mécanismes de compensation du carbone s’appuyent essentiellement sur les changements de méthodes de labourage et la réduction des émissions de méthane et d’oxyde nitreux. Toutes ces méthodes sont regroupées sous le concept général d’ « agriculture de conservation » qui se base sur trois principes : perturbation minimale et couverture permanente du sol, plus rotation des cultures. C’est avec le consentement explicite de la FAO et de la CCNUCC, que l’on retrouve sous le nom d’ « agriculture de conservation », des méthodes culturales très différentes les unes des autres. En fait, ce label recouvre toute une série de systèmes allant de l’agriculture biologique jusqu’à l’agriculture industrielle des OGM avec « semis direct » (No-till en anglais ou « sans labourage ») . Ce label leur permet d’être certifiées comme durables et de prétendre ainsi à l’obtention de crédits carbone.
Le « semis direct » est une technique qui permet de ne pas labourer, ni de creuser le sol. Les graines sont semées en rayon. D’une façon générale, le semis direct est considéré comme une pratique favorable à l’environnement, qui accroît le taux de matière organique dans le sol et réduit son érosion. Par contre, dans le cas des monocultures industrielles de soja Roundup Ready, une partie de cette technique est utilisée en conjonction avec d’autres pratiques très préjudiciables pour l’environnement.
En fait, des crédits carbone pour le « semis direct » représenteraient un soutien économique massif pour les monocultures de soja modifié génétiquement (GM) en Amériques du Nord et du Sud et soutiendraient la promotion de ce type d’agrobusiness dans d’autres régions de l’hémisphère Sud.
Les monocultures de soja GM sont un modèle de production qui n’est en aucune façon durable. En Amérique du Sud, la production de soja de ce type est un des principaux facteurs de la déforestation, du changement d’affectation des sols, de la destruction de la biodiversité et des violations des droits humains. De plus, ces plantations sont à la base de l’industrie des aliments pour animaux qui est aussi une des principales causes des changements climatiques. Le fait de labelliser cette agriculture comme « durable », simplement parce qu’elle implique moins de labourage, c’est tomber dans un réductionnisme absurde et aveugle.
Le rapport « Agriculture et changements climatiques : problèmes réels et fausses solutions », publié en 2009, présente les principales propositions concernant l’agriculture, pour un accord sur le climat post-2012. On y trouve un panorama d’informations sur l’impact réel qu’ont sur les climats, les pratiques agricoles actuelles et celles proposées pour l’accord après-Kyoto. Dans cet article, cependant, nous voulons nous concentrer spécifiquement sur quelques cas concernant les monocultures de soja.
En Amérique du Sud, 41 millions d’hectares sont cultivés en soja. Une proportion croissante de cette culture utilise des semences modifiées génétiquement, les sojas Roundup Ready (RR) sous brevet Monsanto. L’Argentine, le Brésil et le Paraguay sont en tête de liste des 7 pays produisant du soja GM dans le monde.
Aujourd’hui, la méthode la plus utilisée avec le soja Roundup Ready est la technique du « semis direct ». Cette technique combinée à la tolérance à un herbicide conférée par transgénèse, a rendu possible l’expansion et l’intensification de la production, tout en réduisant les coûts de main d’oeuvre. La culture a pu être étendue à des sols sur lesquels il n’était pas possible de produire auparavant.
Pour l’agrobusiness, l’utilisation combinée des sojas GM et du « semis direct » est un succès économique. Lorsque le glyphosate est répandu sur les monocultures de soja, toutes les plantes meurent sauf le soja GM, ce qui simplifie beaucoup le travail lié au contrôle des mauvaises herbes. Le désherbage mécanique (avec l’utilisation de charrue) est remplacé par le désherbage chimique. Par contre, le « semis direct » rend indispensable l’utilisation d’herbicides pour désherber : en fait la meilleure façon de désigner cette méthode agricole devrait être « semis direct chimique ». L’association des monocultures de soja RR et du semis direct ont entraîné une augmentation exponentielle des volumes globaux de pesticides utilisés ainsi que des millions de dollars de profit pour les industries des semences et de la chimie. L’échelle de production est passée à des monocultures de milliers d’hectares, nécessitant un minimum de main-d’oeuvre (2 personnes pour 1000 hectares), la gestion des mauvaises herbes ne reposant plus que sur des machines et des avions pour épandre les pesticides.
L’expansion du soja RR provoque une contamination massive, du fait de l’utilisation intensive des pesticides. Elle provoque une perte de biodiversité importante, mais, dans des pays comme l’Argentine ou le Paraguay, les habitants doivent vivre aussi dans des conditions de « guerre chimique ». Des études menées dans ces deux pays montrent que, dans les zones de production du soja, les taux de malformation sont plus élevés.
Selon le dernier communiqué du "Grupo de Reflexión Rural", intitulé « Crédits carbone pour les système de semis direct et de monoculture de soja », l’AAPRESID - l’association des agriculteurs argentins pratiquant le semis direct - a avancé la posssibilité d’inclure le semis direct dans les Mécanismes de Développement Propre. C’était lors d’une réunion qui a eu lieu en 2005 entre le ministre de l’Environnement, Atilio Savino, le responsable du bureau argentin des Mécanismes de Dévelopement Propre, Hernan Carlino et les représentant des principaux producteurs de soja et de l’industrie.
L’AAPRESID est une des principales plateformes d’agrobusiness et fut fondée en 1998 sous le contrôle de Monsanto. Parmi les autres membres, on compte BASF, Syngenta, Bayer, Dow et de nombreuses autres entreprises importantes.
Le lobbying de l’AAPRESID pour obtenir des subventions « climat » n’est pas surprenant puisqu’actuellement en Argentine, près de 17 millions d’hectares sont cultivés avec du soja GM en semis direct, ce qui représente 20% de la surface mondiale. L’Argentine joue un rôle clé sur la scène internationale, lorsque les thèmes biotechnologies et agrobusiness sont abordés.
C’est Lorenzatti, le coordonateur général de l’AAPRESID qui a commencé à développer l’idée d’une certification environnementale, basée sur les systèmes agricoles avec semis direct. Depuis lors, l’AAPRESID a poussé activement en faveur de ce projet, lors d’événements liés à la FAO, comme le « Congrès International de l’Agriculture de Conservation », en y présentant le « Miracle du semis direct en Argentine », sans bien sûr mentionner ni le soja, ni les OGM, ni les pesticides et encore moins l’étendue des dégâts sociaux et environnementaux que les monocultures de soja ont infligé à la région. C’est sous sa présidence en 2008, que l’AAPRESID a officiellement lancé le nouveau programme d’Agriculture Certifiée (AC) qui, selon elle, est conçu pour « améliorer la gestion des exploitations et optimiser l’efficacité des ressources utilisées ». Le programme est un protocole pour l’Agriculture Certifiée, basé sur un système de « Bonnes Pratiques Agricoles ». Le protocole est la première étape d’une série de « Services Environnementaux » auxquels les producteurs de soja peuvent participer. Pour l’instant, ce programme se concentre sur l’Argentine, mais a vocation à devenir un fournisseur mondial de services. Par l’intermédiaire du label AC (Agriculture Certifiée), l’AAPRESID développe une entreprise de certification qui pourra, dans le futur, avoir qualité de contrôleur national pour les Mécanismes de Développement Propre.
Le lobbying de l’AAPRESID et de son entreprise « Agriculture Certifiée » est intense au niveau international, comme, par exemple, lors de la conférence de l’Union européenne, intitulée « Changements climatiques : le sol peut-il faire la différence ? ». Cette conférence avait lieu à Bruxelles, en juin 2008, et était organisée par Mr Stravos Dimas, commissaire à l’Environnement, et Mr Luc Gnacadja, secrétaire général, aux Nations Unies, de la Convention pour la lutte contre la Désertification
En 2007, Carlino devint le président du comité exécutif des Mécanismes de Développement Propre (MDP) jusqu’en 2008. Il n’oublia pas les orientations de l’AAPRESID et ce fut durant la 13ème Conférence des Parties (COP13) à Bali que les crédits carbone pour le semis direct furent mentionnés pour la première fois. En plus, durant son mandat en 2007, la première méthodologie à petite échelle pour ces MDP fut approuvée et incluait la production de soja. Le projet consistait à inoculer aux semences de soja des bactéries fixant l’azote, afin de diminuer l’apport en engrais. Ce projet était développé par Becker Underwood. Les premières mesures allant vers une certification des monocultures de soja étaient prises.
Par inoculation, on entend l’insertion artificielle de la bactérie Rhizobia dans la semence. Les Rhizobia sont des bactéries du sol qui fixent l’azote de l’atmosphère, après s’être établies à l’intérieur des nodules racinaires des légumineuses (fabacées). De cette façon, les légumineuses enrichissent le sol après la récolte, d’importantes quantités d’azote restant dans le sol, disponibles pour la culture suivante. Comme le soja n’est pas une espèce originaire d’Amérique du Sud, les semences doivent être traitées artificiellement avec la bactérie afin de fixer l’azote. L’azote est l’élément nutritif le plus commun dans de nombreux sols et est généralement fourni par les engrais. L’utilisation d’engrais a cependant des conséquences environnementales graves.
Toujours en 2007, Monsanto rejoint la Bourse des Changements Climatiques (Climate Change Exchange ou CCX). Il s’agit du seul programme volontaire nord-américain, avec des réductions des émissions de gaz à effet de serre, légalement contraignantes, et qui procède à l’enregistrement et à la commercialisation. D’après Carbon Trade Watch, cette compagnie est une des bourses d’échanges les plus influentes dans le monde. CCX a été développée par 28 grandes entreprises comme Ford, DuPont ou BP Amoco. Monsanto n’a pas pour but de gagner des crédits carbone en entrant sur le marché. Son principal onjectif est de développer « des produits qui aident les agriculteurs à pratiquer le labourage de conservation et à augmenter leurs rendements pour satisfaire les besoins croissants en nourriture des humains et de l’élevage, tout en conservant ou même en améliorant l’environnement ».
Monsanto a, dans ce but, établi une plateforme mondiale de traitement des semences, passant deux accords séparés, l’un avec Becker Underwood et l’autre avec Plant Health Care Inc, afin de fournir des traitements brevetés de semences, pour le maïs, le soja et le coton. Monsanto projette de proposer les traitements de semences dès la saison 2009 et de traiter tous les sojas Roundup Ready 2 Yield avec cette bactérie qui fixe l’azote. L’entreprise projette aussi de travailler pour trouver une solution pour le traitement de ses semences pour son coton Deltapine et son maïs Smart Stax dans les années qui viennent.
La même année en octobre, la FAO et le Centre d’Information sur les Technologies de Conservation organisaient aux Etats-Unis, avec le support technique de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, une « Consultation sur l’Agriculture de Conservation comme Compensation Carbone ». La discussion portait sur l’intégration des activités agricoles dans le marché du carbone. Le Centre d’Information sur les Technologies de Conservation est un centre de recherches agricoles qui comprend parmi les membres de son conseil, des acteurs de l’industrie comme Monsanto, John Deere, l’ONG The Nature Conservancy, l’Institut des Engrais (Fertilizer Institute), ou bien encore Syngenta et CropLife America.
Dans le rapport concluant la consultation, on peut trouver sous la plume de Theodor Friedrich de la FAO et de Karen Scanlon du Centre d’Information sur les Technologies de Conservation une reconnaissance indirecte de l’agriculture intensive industrielle. Même si elle ne mentionne pas directement les biotechnologies, on y trouve en effet cette phrase : « Etant donné que de plus en plus de personnes dépendent d’agriculteurs de moins en moins nombreux, il est impératif que chaque exploitation, non seulement contribue à l’approvisionnement mondial en nourriture, humaine et animale, en fibre, en combustibles, mais encore qu’elle joue un rôle essentiel en s’attaquant aux changements climatiques ». Le document se termine par un appel aux organisations agricoles, aux ONG environnementales, aux banques internationales de développement et aux gouvernements des pays pour « mobiliser leurs ressources dans le but d’influencer la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Le but est qu’elle inclue l’agriculture de conservation en tant qu’option viable dans la lutte contre les changements climatiques et que celle-ci soit qualifiée pour les mécanismes du marché du carbone dans les négociations post Kyoto ».
En 2008, le Congrès états-unien présentait une nouvelle loi Climat qui, d’après un analyste du marché du carbone, était généralement considérée comme « le déclenchement de la prochaine ruée d’investissements pour faire passer le marché à la vitesse supérieure ». La nouvelle loi Climat ouvre grand les portes pour les compensations agriculture. Un avantage supplémentaire est que l’organisme de régulation traditionnel, le Ministère de la Protection de l’Environnement états-unien est maintenant remplacé par le Ministère de l’Agriculture. Si les conditions de la Conférence des Partis pour signer l’accord post 2012 incluent l’agriculture comme compensation carbone et suivent le modèle états-unien, ce serait une bouée de secours financière pour l’agrobusiness après la crise financière. Comme le notait le "Grupo de Reflexión Rural" dans son communiqué, on s’attend à ce que « la spéculation financière, qui est actuellement en crise, suite à la débâcle des subprimes, se recycle par l’intermédiaire des Crédits Carbone et des nouvelles opportunités qu’il va offrir. »
En juillet 2009, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques approuva finalement la première méthodologie pour les MDP. Ce projet élimine l’utilisation des engrais sur les légumineuses lors d’une rotation cuturale légumineuse-herbe. La méthodologie agricole s’appuie sur la technologie de fixation de l’azote, brévetée par Becker. Cette technologie fut développée par Amson Technology LC, une firme de consulting dans la réduction des gaz à effet de serre et la durabilité, Becker Underwood Inc et Perspectives GmbH, une société Point Carbon, fournisseur de solutions de marché de réduction des gaz à effet de serre de grande qualité. Un document préparatoire de la méthodologie montre que tout le document est orienté vers la rotation soja-maïs et se base sur la méthodologie développée précédemment dans les projets de Becker au Brésil. Le communiqué du "Grupo de Reflexión Rural" questionne le caractère innovatif de cette méthodologie : « Qu’auraient à faire, dans un futur proche, les producteurs de soja en Argentine pour ajouter à leurs déjà énormes profits, les Crédits Carbone ? En fait et de manière surprenante, rien de plus que ce qu’ils n’aient fait depuis durant ces treize dernières années… ». Est-ce que cette nouvelle méthodologie des Mécanismes de Développement Propre va être approuvée ?
Un mois plus tard, Monsanto signait un accord en Argentine, avec l’AAPRESID pour rejoindre le Système d’Agriculture Certifiée. D’après Bernardo Calvo, président de Monsanto pour les Amériques Centrale et du Sud, cette démarche fait partie de l’Engagement pour une Production Durable (Sustainable Production Commitment) de Monsanto pour 2030, année où la compagnie projette de doubler les rendements de production et de diminuer simultanément l’utilisation des ressources naturelles.
La Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS) est une large coalition comprenant de grands groupes industriels et des groupes environnementalistes comme le WWF. Depuis 2004, elle essaye de développer une série de critères « durables » pour la production intensive en monoculture du soja en Amérique du Sud. Les critères de la Table Ronde n’excluent pas les OGM, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Monsanto et Syngenta l’ont rejoint en février 2009. Ces dernières années, le WWF a aussi fondé la Table Ronde sur l’Huile Palme Durable (RTSO), l’Initiative pour une Meilleure Canne à Sucre (BSI) et la Table Ronde sur les Biocarburants Durables (RTSB). Le WWF joue un rôle clé en permettant aux plus grandes sociétés de l’agrobusiness de se donner un semblant de responsabilité sociale et environnementale et en leur permettant d’écoblanchir la production de matières premières mondiales (souligné par le traducteur). Ces initiaitves ont aussi pour but de détourner, de fausser et d’affaiblir les accords politiques internationaux. Les critiques contre la Table Ronde pour le Soja Responsable sont largement reprises au sein des mouvements sociaux et écologistes en Amérique du Sud. Aucun de ces mouvements ne participe à cette Table Ronde.
Début 2009, après la 4ème Conférence de la Table Ronde sur le Soja Responsable, on peut lire dans la déclaration de Campinas qu’un des premiers objectifs en est la réduction des gaz à effet de serre. Les critères de durabilité comprennent des directives sur les bilans carbone des exploitations en liaison avec l’utilisation de combustible et la qualité du sol (en tenant compte de l’agriculture de conservation, la rotation des cultures et une fertilisation équilibrée). Les critères de la RTRS ont servi de cadre pour les critères de l’ "Agriculture Certifiée" de l’AAPRESID. Et l’AAPRESID est aussi membre de la... RTRS.
En juin 2009, un communiqué de presse de la RTRS, la Table Ronde sur le Soja Responsable, mentionnait pour la première fois des crédits carbone en liaison avec les forêts et la protection du sol. Pour Jason Clay, l’expert agricole du soja qui dirige le travail du WWF avec les marchés internationaux : « Le challenge maintenant est de trouver les mécanismes pour récompenser les agriculteurs qui protègent les forêts et les sols en leur permettant de vendre des crédits carbone à côté de leur soja ». Pour lui, « C’est une situation gagant-gagnant. Les forêts et les sols sont protégés, les producteurs ont une source de revenus supplémentaire et les grossistes et propriétaires de marques peuvent maintenant acheter du soja responsable comme un moyen de diminuer leur empreinte carbone. Cela change la nature même du soja et en fait un tout nouveau type de produit »(Souligné par le traducteur). Auparavant, Clay avait promu « la rotation culture intégrée x bétail avec Zéro labourage » dans la région amazonnienne comme un moyen de diminuer la déforestation, mais récemment il a changé de discours et a commencé à parler de crédit carbone.
Pour finir, le lobby des biotechnologies est prêt pour Copenhague et il semble bien qu’il ait un orde du jour proche de celui des grands groupes environnementalistes. Dans un document récent de l’association états-unienne de lobbying des biotechnologies, BIO, un des objectifs surprenants était de chercher à collaborer avec le WWF. D’autre points à aborder dans le nouveau traité sur le climat, sont les menaces concernant les enjeux liés à la propriété intellectuelle. Quand aux avantages, il peut s’agir du potentiel d’aides et de subventions pour les fournisseurs de biotechnologies et des incitations gouvernementales pour le développement international des biotechnologies. Les recommandations incluent aussi, ce qui ne surprendra personne, une collaboration étroite avec les Etats-Unis et les gouvernements amicaux.
Avant que la 15 ème Conférence des Parties ne se tienne, il y a encore beaucoup à rechercher et révéler sur la course de l’agrobusiness pour accéder au marché des crédits carbone. Il est cependant urgent qu’un débat critique commence aussi entre organisations et autres mouvements, afin qu’une stratégie d’action et un message clairs, forts et sans concession se dégage contre « l’offensive climatique » de l’agrobusiness. En ce moment les slogans des mouvements sociaux comme « La petite agriculture durable refroidit la terre » pourraient s’avérer ne pas être suffisants pour contrer l’avance massive de la machinerie de l’agrobusiness sur la scène des changements climatiques. Il est nécessaire d’identifier et de dénoncer les acteurs du lobby des multinationales comme Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies.
Mais il est aussi important de mettre en lumière le rôle que jouent les grandes ONG environnementalistes, comme le WWF (Fond Mondial pour la Nature), le TNC (The Nature conservancy), l’UICN (l’Union Mondial pour la Nature) [2] dans ces processus multipartites sur la Responsabilité Sociale des Entreprise et de renforcer leur rejet » (Souligné par le traducteur).
[1] Principe du MDP : Un Etat ou une entreprise de l’Annexe I (pays développés) investit dans un projet de réduction desémissions de gaz à effet de serre (GES) dans un pays en voie de Développement (PED). En échange des réductions constatées, un volume équivalent d’Unités de Réductions d’Emissions Certifiées (UREC, Certified Emission Reduction) lui est délivré. Cet investisseur pourra vendre ces Unités sur le marché ou les déduire de ses obligations internationales de réduction.
[2] Alors que pendant des années les associations se sont opposées au projet inutile de l’A65 (Bordeaux-Pau), aujourd’hui le Conseil Régional d’Aquitaine crée un "Fond carbone" pour compenser. Compenser quoi ? La fonte de la banquise ? L’avancée des déserts ? Toujours est-il, qu’il y a toujours une ONG écologiste pour donner crédit à ces pantalonnades... Extrait du journal local : "Cette manière de rembourser la « dette écologique » de l’autoroute a suscité l’intérêt de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Une organisation qui regroupe des gouvernements, des ONG et des experts bénévoles répartis dans 160 pays. Hier, Sebastian Winkler, son directeur général Europe, a signé, en Béarn, une convention associant Eiffage au programme « Compte à rebours 2010 » qui est destiné à lutter contre la perte de la biodiversité dans le monde. Cette initiative découle du sommet mondial sur le développement durable organisé en 2002 à Johannesburg. "
L’UICN n’en sort vraiment pas grandie !
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Depuis des années, les lobbies de l’agrobusiness s’activent dans les coulisses des négociations sur le climat !
Alors que la quinzième Conférence des Parties (COP 15) sur les Climats, organisée par les Nations Unies à Copenhague, approche, un nouvel accord doit être signé pour la période post-2012. Il est de plus en plus évident que l’agrobusiness essaye de tirer profit de l’énorme marché des crédits carbone.
Article de Javier Rulli pour "La soja mata" avec l’aide de Stella Semino du "Grupo de Reflexión Rural". Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre.
Sous le terme d’ « agriculture de conservation », Monsanto et ses autres alliés des biotechnologies ont infiltré la FAO (l’Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation) et la Convention Cadre sur les Changements Climatiques des Nations Unies (UNFCCC) dans le but d’obtenir des crédits carbone pour l’agrobusiness. La certification volontaire pour le soja Roundup Ready « responsable » sponsorisé par le WWF et une nouvelle méthodologie pour les Mécanismes de Développement Propre [1] sont deux étapes importantes pour accéder à ce marché de trois milliards de dollars.
Les propositions d’inclure l’agriculture dans les mécanismes de compensation du carbone s’appuyent essentiellement sur les changements de méthodes de labourage et la réduction des émissions de méthane et d’oxyde nitreux. Toutes ces méthodes sont regroupées sous le concept général d’ « agriculture de conservation » qui se base sur trois principes : perturbation minimale et couverture permanente du sol, plus rotation des cultures. C’est avec le consentement explicite de la FAO et de la CCNUCC, que l’on retrouve sous le nom d’ « agriculture de conservation », des méthodes culturales très différentes les unes des autres. En fait, ce label recouvre toute une série de systèmes allant de l’agriculture biologique jusqu’à l’agriculture industrielle des OGM avec « semis direct » (No-till en anglais ou « sans labourage ») . Ce label leur permet d’être certifiées comme durables et de prétendre ainsi à l’obtention de crédits carbone.
Le « semis direct » est une technique qui permet de ne pas labourer, ni de creuser le sol. Les graines sont semées en rayon. D’une façon générale, le semis direct est considéré comme une pratique favorable à l’environnement, qui accroît le taux de matière organique dans le sol et réduit son érosion. Par contre, dans le cas des monocultures industrielles de soja Roundup Ready, une partie de cette technique est utilisée en conjonction avec d’autres pratiques très préjudiciables pour l’environnement.
En fait, des crédits carbone pour le « semis direct » représenteraient un soutien économique massif pour les monocultures de soja modifié génétiquement (GM) en Amériques du Nord et du Sud et soutiendraient la promotion de ce type d’agrobusiness dans d’autres régions de l’hémisphère Sud.
Les monocultures de soja GM sont un modèle de production qui n’est en aucune façon durable. En Amérique du Sud, la production de soja de ce type est un des principaux facteurs de la déforestation, du changement d’affectation des sols, de la destruction de la biodiversité et des violations des droits humains. De plus, ces plantations sont à la base de l’industrie des aliments pour animaux qui est aussi une des principales causes des changements climatiques. Le fait de labelliser cette agriculture comme « durable », simplement parce qu’elle implique moins de labourage, c’est tomber dans un réductionnisme absurde et aveugle.
Le rapport « Agriculture et changements climatiques : problèmes réels et fausses solutions », publié en 2009, présente les principales propositions concernant l’agriculture, pour un accord sur le climat post-2012. On y trouve un panorama d’informations sur l’impact réel qu’ont sur les climats, les pratiques agricoles actuelles et celles proposées pour l’accord après-Kyoto. Dans cet article, cependant, nous voulons nous concentrer spécifiquement sur quelques cas concernant les monocultures de soja.
Soja GM : contrôle chimique des mauvaises herbes et « semis direct »
En Amérique du Sud, 41 millions d’hectares sont cultivés en soja. Une proportion croissante de cette culture utilise des semences modifiées génétiquement, les sojas Roundup Ready (RR) sous brevet Monsanto. L’Argentine, le Brésil et le Paraguay sont en tête de liste des 7 pays produisant du soja GM dans le monde.
Aujourd’hui, la méthode la plus utilisée avec le soja Roundup Ready est la technique du « semis direct ». Cette technique combinée à la tolérance à un herbicide conférée par transgénèse, a rendu possible l’expansion et l’intensification de la production, tout en réduisant les coûts de main d’oeuvre. La culture a pu être étendue à des sols sur lesquels il n’était pas possible de produire auparavant.
Pour l’agrobusiness, l’utilisation combinée des sojas GM et du « semis direct » est un succès économique. Lorsque le glyphosate est répandu sur les monocultures de soja, toutes les plantes meurent sauf le soja GM, ce qui simplifie beaucoup le travail lié au contrôle des mauvaises herbes. Le désherbage mécanique (avec l’utilisation de charrue) est remplacé par le désherbage chimique. Par contre, le « semis direct » rend indispensable l’utilisation d’herbicides pour désherber : en fait la meilleure façon de désigner cette méthode agricole devrait être « semis direct chimique ». L’association des monocultures de soja RR et du semis direct ont entraîné une augmentation exponentielle des volumes globaux de pesticides utilisés ainsi que des millions de dollars de profit pour les industries des semences et de la chimie. L’échelle de production est passée à des monocultures de milliers d’hectares, nécessitant un minimum de main-d’oeuvre (2 personnes pour 1000 hectares), la gestion des mauvaises herbes ne reposant plus que sur des machines et des avions pour épandre les pesticides.
L’expansion du soja RR provoque une contamination massive, du fait de l’utilisation intensive des pesticides. Elle provoque une perte de biodiversité importante, mais, dans des pays comme l’Argentine ou le Paraguay, les habitants doivent vivre aussi dans des conditions de « guerre chimique ». Des études menées dans ces deux pays montrent que, dans les zones de production du soja, les taux de malformation sont plus élevés.
L’agrobusiness pousse pour faire labelliser le « semis-direct »
Selon le dernier communiqué du "Grupo de Reflexión Rural", intitulé « Crédits carbone pour les système de semis direct et de monoculture de soja », l’AAPRESID - l’association des agriculteurs argentins pratiquant le semis direct - a avancé la posssibilité d’inclure le semis direct dans les Mécanismes de Développement Propre. C’était lors d’une réunion qui a eu lieu en 2005 entre le ministre de l’Environnement, Atilio Savino, le responsable du bureau argentin des Mécanismes de Dévelopement Propre, Hernan Carlino et les représentant des principaux producteurs de soja et de l’industrie.
L’AAPRESID est une des principales plateformes d’agrobusiness et fut fondée en 1998 sous le contrôle de Monsanto. Parmi les autres membres, on compte BASF, Syngenta, Bayer, Dow et de nombreuses autres entreprises importantes.
Le lobbying de l’AAPRESID pour obtenir des subventions « climat » n’est pas surprenant puisqu’actuellement en Argentine, près de 17 millions d’hectares sont cultivés avec du soja GM en semis direct, ce qui représente 20% de la surface mondiale. L’Argentine joue un rôle clé sur la scène internationale, lorsque les thèmes biotechnologies et agrobusiness sont abordés.
C’est Lorenzatti, le coordonateur général de l’AAPRESID qui a commencé à développer l’idée d’une certification environnementale, basée sur les systèmes agricoles avec semis direct. Depuis lors, l’AAPRESID a poussé activement en faveur de ce projet, lors d’événements liés à la FAO, comme le « Congrès International de l’Agriculture de Conservation », en y présentant le « Miracle du semis direct en Argentine », sans bien sûr mentionner ni le soja, ni les OGM, ni les pesticides et encore moins l’étendue des dégâts sociaux et environnementaux que les monocultures de soja ont infligé à la région. C’est sous sa présidence en 2008, que l’AAPRESID a officiellement lancé le nouveau programme d’Agriculture Certifiée (AC) qui, selon elle, est conçu pour « améliorer la gestion des exploitations et optimiser l’efficacité des ressources utilisées ». Le programme est un protocole pour l’Agriculture Certifiée, basé sur un système de « Bonnes Pratiques Agricoles ». Le protocole est la première étape d’une série de « Services Environnementaux » auxquels les producteurs de soja peuvent participer. Pour l’instant, ce programme se concentre sur l’Argentine, mais a vocation à devenir un fournisseur mondial de services. Par l’intermédiaire du label AC (Agriculture Certifiée), l’AAPRESID développe une entreprise de certification qui pourra, dans le futur, avoir qualité de contrôleur national pour les Mécanismes de Développement Propre.
Le lobbying de l’AAPRESID et de son entreprise « Agriculture Certifiée » est intense au niveau international, comme, par exemple, lors de la conférence de l’Union européenne, intitulée « Changements climatiques : le sol peut-il faire la différence ? ». Cette conférence avait lieu à Bruxelles, en juin 2008, et était organisée par Mr Stravos Dimas, commissaire à l’Environnement, et Mr Luc Gnacadja, secrétaire général, aux Nations Unies, de la Convention pour la lutte contre la Désertification
En 2007, Carlino devint le président du comité exécutif des Mécanismes de Développement Propre (MDP) jusqu’en 2008. Il n’oublia pas les orientations de l’AAPRESID et ce fut durant la 13ème Conférence des Parties (COP13) à Bali que les crédits carbone pour le semis direct furent mentionnés pour la première fois. En plus, durant son mandat en 2007, la première méthodologie à petite échelle pour ces MDP fut approuvée et incluait la production de soja. Le projet consistait à inoculer aux semences de soja des bactéries fixant l’azote, afin de diminuer l’apport en engrais. Ce projet était développé par Becker Underwood. Les premières mesures allant vers une certification des monocultures de soja étaient prises.
Par inoculation, on entend l’insertion artificielle de la bactérie Rhizobia dans la semence. Les Rhizobia sont des bactéries du sol qui fixent l’azote de l’atmosphère, après s’être établies à l’intérieur des nodules racinaires des légumineuses (fabacées). De cette façon, les légumineuses enrichissent le sol après la récolte, d’importantes quantités d’azote restant dans le sol, disponibles pour la culture suivante. Comme le soja n’est pas une espèce originaire d’Amérique du Sud, les semences doivent être traitées artificiellement avec la bactérie afin de fixer l’azote. L’azote est l’élément nutritif le plus commun dans de nombreux sols et est généralement fourni par les engrais. L’utilisation d’engrais a cependant des conséquences environnementales graves.
Toujours en 2007, Monsanto rejoint la Bourse des Changements Climatiques (Climate Change Exchange ou CCX). Il s’agit du seul programme volontaire nord-américain, avec des réductions des émissions de gaz à effet de serre, légalement contraignantes, et qui procède à l’enregistrement et à la commercialisation. D’après Carbon Trade Watch, cette compagnie est une des bourses d’échanges les plus influentes dans le monde. CCX a été développée par 28 grandes entreprises comme Ford, DuPont ou BP Amoco. Monsanto n’a pas pour but de gagner des crédits carbone en entrant sur le marché. Son principal onjectif est de développer « des produits qui aident les agriculteurs à pratiquer le labourage de conservation et à augmenter leurs rendements pour satisfaire les besoins croissants en nourriture des humains et de l’élevage, tout en conservant ou même en améliorant l’environnement ».
Monsanto a, dans ce but, établi une plateforme mondiale de traitement des semences, passant deux accords séparés, l’un avec Becker Underwood et l’autre avec Plant Health Care Inc, afin de fournir des traitements brevetés de semences, pour le maïs, le soja et le coton. Monsanto projette de proposer les traitements de semences dès la saison 2009 et de traiter tous les sojas Roundup Ready 2 Yield avec cette bactérie qui fixe l’azote. L’entreprise projette aussi de travailler pour trouver une solution pour le traitement de ses semences pour son coton Deltapine et son maïs Smart Stax dans les années qui viennent.
La même année en octobre, la FAO et le Centre d’Information sur les Technologies de Conservation organisaient aux Etats-Unis, avec le support technique de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, une « Consultation sur l’Agriculture de Conservation comme Compensation Carbone ». La discussion portait sur l’intégration des activités agricoles dans le marché du carbone. Le Centre d’Information sur les Technologies de Conservation est un centre de recherches agricoles qui comprend parmi les membres de son conseil, des acteurs de l’industrie comme Monsanto, John Deere, l’ONG The Nature Conservancy, l’Institut des Engrais (Fertilizer Institute), ou bien encore Syngenta et CropLife America.
Dans le rapport concluant la consultation, on peut trouver sous la plume de Theodor Friedrich de la FAO et de Karen Scanlon du Centre d’Information sur les Technologies de Conservation une reconnaissance indirecte de l’agriculture intensive industrielle. Même si elle ne mentionne pas directement les biotechnologies, on y trouve en effet cette phrase : « Etant donné que de plus en plus de personnes dépendent d’agriculteurs de moins en moins nombreux, il est impératif que chaque exploitation, non seulement contribue à l’approvisionnement mondial en nourriture, humaine et animale, en fibre, en combustibles, mais encore qu’elle joue un rôle essentiel en s’attaquant aux changements climatiques ». Le document se termine par un appel aux organisations agricoles, aux ONG environnementales, aux banques internationales de développement et aux gouvernements des pays pour « mobiliser leurs ressources dans le but d’influencer la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Le but est qu’elle inclue l’agriculture de conservation en tant qu’option viable dans la lutte contre les changements climatiques et que celle-ci soit qualifiée pour les mécanismes du marché du carbone dans les négociations post Kyoto ».
En 2008, le Congrès états-unien présentait une nouvelle loi Climat qui, d’après un analyste du marché du carbone, était généralement considérée comme « le déclenchement de la prochaine ruée d’investissements pour faire passer le marché à la vitesse supérieure ». La nouvelle loi Climat ouvre grand les portes pour les compensations agriculture. Un avantage supplémentaire est que l’organisme de régulation traditionnel, le Ministère de la Protection de l’Environnement états-unien est maintenant remplacé par le Ministère de l’Agriculture. Si les conditions de la Conférence des Partis pour signer l’accord post 2012 incluent l’agriculture comme compensation carbone et suivent le modèle états-unien, ce serait une bouée de secours financière pour l’agrobusiness après la crise financière. Comme le notait le "Grupo de Reflexión Rural" dans son communiqué, on s’attend à ce que « la spéculation financière, qui est actuellement en crise, suite à la débâcle des subprimes, se recycle par l’intermédiaire des Crédits Carbone et des nouvelles opportunités qu’il va offrir. »
La première méthodologie des Mécanismes de Développement Propre (MDP) : un cadeau à Becker et Monsanto
En juillet 2009, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques approuva finalement la première méthodologie pour les MDP. Ce projet élimine l’utilisation des engrais sur les légumineuses lors d’une rotation cuturale légumineuse-herbe. La méthodologie agricole s’appuie sur la technologie de fixation de l’azote, brévetée par Becker. Cette technologie fut développée par Amson Technology LC, une firme de consulting dans la réduction des gaz à effet de serre et la durabilité, Becker Underwood Inc et Perspectives GmbH, une société Point Carbon, fournisseur de solutions de marché de réduction des gaz à effet de serre de grande qualité. Un document préparatoire de la méthodologie montre que tout le document est orienté vers la rotation soja-maïs et se base sur la méthodologie développée précédemment dans les projets de Becker au Brésil. Le communiqué du "Grupo de Reflexión Rural" questionne le caractère innovatif de cette méthodologie : « Qu’auraient à faire, dans un futur proche, les producteurs de soja en Argentine pour ajouter à leurs déjà énormes profits, les Crédits Carbone ? En fait et de manière surprenante, rien de plus que ce qu’ils n’aient fait depuis durant ces treize dernières années… ». Est-ce que cette nouvelle méthodologie des Mécanismes de Développement Propre va être approuvée ?
Un mois plus tard, Monsanto signait un accord en Argentine, avec l’AAPRESID pour rejoindre le Système d’Agriculture Certifiée. D’après Bernardo Calvo, président de Monsanto pour les Amériques Centrale et du Sud, cette démarche fait partie de l’Engagement pour une Production Durable (Sustainable Production Commitment) de Monsanto pour 2030, année où la compagnie projette de doubler les rendements de production et de diminuer simultanément l’utilisation des ressources naturelles.
Plateforme d’écoblanchiment
La Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS) est une large coalition comprenant de grands groupes industriels et des groupes environnementalistes comme le WWF. Depuis 2004, elle essaye de développer une série de critères « durables » pour la production intensive en monoculture du soja en Amérique du Sud. Les critères de la Table Ronde n’excluent pas les OGM, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Monsanto et Syngenta l’ont rejoint en février 2009. Ces dernières années, le WWF a aussi fondé la Table Ronde sur l’Huile Palme Durable (RTSO), l’Initiative pour une Meilleure Canne à Sucre (BSI) et la Table Ronde sur les Biocarburants Durables (RTSB). Le WWF joue un rôle clé en permettant aux plus grandes sociétés de l’agrobusiness de se donner un semblant de responsabilité sociale et environnementale et en leur permettant d’écoblanchir la production de matières premières mondiales (souligné par le traducteur). Ces initiaitves ont aussi pour but de détourner, de fausser et d’affaiblir les accords politiques internationaux. Les critiques contre la Table Ronde pour le Soja Responsable sont largement reprises au sein des mouvements sociaux et écologistes en Amérique du Sud. Aucun de ces mouvements ne participe à cette Table Ronde.
Début 2009, après la 4ème Conférence de la Table Ronde sur le Soja Responsable, on peut lire dans la déclaration de Campinas qu’un des premiers objectifs en est la réduction des gaz à effet de serre. Les critères de durabilité comprennent des directives sur les bilans carbone des exploitations en liaison avec l’utilisation de combustible et la qualité du sol (en tenant compte de l’agriculture de conservation, la rotation des cultures et une fertilisation équilibrée). Les critères de la RTRS ont servi de cadre pour les critères de l’ "Agriculture Certifiée" de l’AAPRESID. Et l’AAPRESID est aussi membre de la... RTRS.
En juin 2009, un communiqué de presse de la RTRS, la Table Ronde sur le Soja Responsable, mentionnait pour la première fois des crédits carbone en liaison avec les forêts et la protection du sol. Pour Jason Clay, l’expert agricole du soja qui dirige le travail du WWF avec les marchés internationaux : « Le challenge maintenant est de trouver les mécanismes pour récompenser les agriculteurs qui protègent les forêts et les sols en leur permettant de vendre des crédits carbone à côté de leur soja ». Pour lui, « C’est une situation gagant-gagnant. Les forêts et les sols sont protégés, les producteurs ont une source de revenus supplémentaire et les grossistes et propriétaires de marques peuvent maintenant acheter du soja responsable comme un moyen de diminuer leur empreinte carbone. Cela change la nature même du soja et en fait un tout nouveau type de produit »(Souligné par le traducteur). Auparavant, Clay avait promu « la rotation culture intégrée x bétail avec Zéro labourage » dans la région amazonnienne comme un moyen de diminuer la déforestation, mais récemment il a changé de discours et a commencé à parler de crédit carbone.
Pour finir, le lobby des biotechnologies est prêt pour Copenhague et il semble bien qu’il ait un orde du jour proche de celui des grands groupes environnementalistes. Dans un document récent de l’association états-unienne de lobbying des biotechnologies, BIO, un des objectifs surprenants était de chercher à collaborer avec le WWF. D’autre points à aborder dans le nouveau traité sur le climat, sont les menaces concernant les enjeux liés à la propriété intellectuelle. Quand aux avantages, il peut s’agir du potentiel d’aides et de subventions pour les fournisseurs de biotechnologies et des incitations gouvernementales pour le développement international des biotechnologies. Les recommandations incluent aussi, ce qui ne surprendra personne, une collaboration étroite avec les Etats-Unis et les gouvernements amicaux.
Avant que la 15 ème Conférence des Parties ne se tienne, il y a encore beaucoup à rechercher et révéler sur la course de l’agrobusiness pour accéder au marché des crédits carbone. Il est cependant urgent qu’un débat critique commence aussi entre organisations et autres mouvements, afin qu’une stratégie d’action et un message clairs, forts et sans concession se dégage contre « l’offensive climatique » de l’agrobusiness. En ce moment les slogans des mouvements sociaux comme « La petite agriculture durable refroidit la terre » pourraient s’avérer ne pas être suffisants pour contrer l’avance massive de la machinerie de l’agrobusiness sur la scène des changements climatiques. Il est nécessaire d’identifier et de dénoncer les acteurs du lobby des multinationales comme Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies.
Mais il est aussi important de mettre en lumière le rôle que jouent les grandes ONG environnementalistes, comme le WWF (Fond Mondial pour la Nature), le TNC (The Nature conservancy), l’UICN (l’Union Mondial pour la Nature) [2] dans ces processus multipartites sur la Responsabilité Sociale des Entreprise et de renforcer leur rejet » (Souligné par le traducteur).
[1] Principe du MDP : Un Etat ou une entreprise de l’Annexe I (pays développés) investit dans un projet de réduction desémissions de gaz à effet de serre (GES) dans un pays en voie de Développement (PED). En échange des réductions constatées, un volume équivalent d’Unités de Réductions d’Emissions Certifiées (UREC, Certified Emission Reduction) lui est délivré. Cet investisseur pourra vendre ces Unités sur le marché ou les déduire de ses obligations internationales de réduction.
[2] Alors que pendant des années les associations se sont opposées au projet inutile de l’A65 (Bordeaux-Pau), aujourd’hui le Conseil Régional d’Aquitaine crée un "Fond carbone" pour compenser. Compenser quoi ? La fonte de la banquise ? L’avancée des déserts ? Toujours est-il, qu’il y a toujours une ONG écologiste pour donner crédit à ces pantalonnades... Extrait du journal local : "Cette manière de rembourser la « dette écologique » de l’autoroute a suscité l’intérêt de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Une organisation qui regroupe des gouvernements, des ONG et des experts bénévoles répartis dans 160 pays. Hier, Sebastian Winkler, son directeur général Europe, a signé, en Béarn, une convention associant Eiffage au programme « Compte à rebours 2010 » qui est destiné à lutter contre la perte de la biodiversité dans le monde. Cette initiative découle du sommet mondial sur le développement durable organisé en 2002 à Johannesburg. "
L’UICN n’en sort vraiment pas grandie !
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vendredi 9 octobre 2009
Négociations internationales sur le climat : pas d'avancées à Bangkok..., peu d'espoir pour Copenhague
Les réactions fleurissent aujourd'hui suite à la clôture de l'inter-session de la CCNUCC à Bangkok. Plutôt pessimistes... La mobilisation citoyenne de masse n'en devient que plus pressente !
Voici celle d'un élus vert de Nante, Ronan Dantec, sur le blog des élus verts de Nantes.
Le blog de Third World Network qui a suivi de près les discussions à Bengkok.
Voici quelques communiqués de presse :
> du Réseau Action Climat ici,
> du Climate Action Network Europe,
> de Friends of the Earth International (en anglais, désolée !) :
MEDIA ADVISORY Friends of the Earth International
9 October 2009
CLIMATE TALKS REGRESS : RICH NATIONS APPEASE UNITED STATES
BANGKOK, THAILAND, 9 October 2009 — At the close of the Bangkok UN climate change negotiations tensions between the world’s rich nations and developing countries were at an all-time high, according to Friends of the Earth International campaigners observing the talks to demand climate justice.
In efforts to accommodate the US administration, many developed countries are now abandoning their legal obligations to take the lead in cutting emissions and to provide financial support for developing countries.
Stephanie Long from Friends of the Earth International said :
“At this late stage in the negotiations towards Copenhagen, attempts by developed countries to evade their historical responsibility by crashing the Kyoto Protocol is a recipe for disaster. The Kyoto Protocol is the only international legally binding treaty aimed at reducing emissions and contains a stringent penalty system for non-compliance.”
“On the streets of Bangkok there were thousands of demonstrators calling for immediate action from developed countries. But climate negotiators remain deaf to these calls for climate justice,” she added.
Meena Raman from Friends of the Earth Malaysia said :
“So far it looks like the Copenhagen talks could deliver a toothless agreement based on vague pledges that cannot deliver the deep greenhouse cuts that science and justice demand of rich nations.”
“Other countries are using the US’s position as an opportunity to try and avoid stringent legally binding emissions cuts which they should implement at home.”
In another shocking development, the UK – speaking on behalf of the EU – insisted on deleting a safeguard aimed at preventing that forests be converted into damaging plantations.
Tom Picken from Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland said :
“The UK’s scramble to put forests in the global carbon market is blurring their vision of what negotiations on the protection of forests are meant to do. The UK seems more interested in securing the supply of cheap offset credits rather than promoting exactly the kinds of safeguards needed to prevent deforestation.”
For more information contact in Bangkok
Stephanie Long, Friends of the Earth International : +61... (Australian mobile number)
Meena Raman, Honorary Secretary of Friends of the Earth Malaysia : _+ 60 12 43 00 042 (Malaysian mobile number)
Tom Picken, Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland Tel : +44 7810 55 82 47 (UK mobile number)
Kate Horner, Friends of the Earth US : Tel : +1 ... (US mobile number)
Linda IJmker, Friends of the Earth Netherlands +66... (Thai mobile valid until Oct.11 only) or Friends of the Earth Netherlands Press office +31 20 5507 333
Makoto Ehara, Friends of the Earth Japan +66 848... (Thai mobile valid until Oct.10 only) or +81 806 647 1333 (Japanese mobile)
(ENDS).
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Voici celle d'un élus vert de Nante, Ronan Dantec, sur le blog des élus verts de Nantes.
Le blog de Third World Network qui a suivi de près les discussions à Bengkok.
Voici quelques communiqués de presse :
> du Réseau Action Climat ici,
> du Climate Action Network Europe,
> de Friends of the Earth International (en anglais, désolée !) :
MEDIA ADVISORY Friends of the Earth International
9 October 2009
CLIMATE TALKS REGRESS : RICH NATIONS APPEASE UNITED STATES
BANGKOK, THAILAND, 9 October 2009 — At the close of the Bangkok UN climate change negotiations tensions between the world’s rich nations and developing countries were at an all-time high, according to Friends of the Earth International campaigners observing the talks to demand climate justice.
In efforts to accommodate the US administration, many developed countries are now abandoning their legal obligations to take the lead in cutting emissions and to provide financial support for developing countries.
Stephanie Long from Friends of the Earth International said :
“At this late stage in the negotiations towards Copenhagen, attempts by developed countries to evade their historical responsibility by crashing the Kyoto Protocol is a recipe for disaster. The Kyoto Protocol is the only international legally binding treaty aimed at reducing emissions and contains a stringent penalty system for non-compliance.”
“On the streets of Bangkok there were thousands of demonstrators calling for immediate action from developed countries. But climate negotiators remain deaf to these calls for climate justice,” she added.
Meena Raman from Friends of the Earth Malaysia said :
“So far it looks like the Copenhagen talks could deliver a toothless agreement based on vague pledges that cannot deliver the deep greenhouse cuts that science and justice demand of rich nations.”
“Other countries are using the US’s position as an opportunity to try and avoid stringent legally binding emissions cuts which they should implement at home.”
In another shocking development, the UK – speaking on behalf of the EU – insisted on deleting a safeguard aimed at preventing that forests be converted into damaging plantations.
Tom Picken from Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland said :
“The UK’s scramble to put forests in the global carbon market is blurring their vision of what negotiations on the protection of forests are meant to do. The UK seems more interested in securing the supply of cheap offset credits rather than promoting exactly the kinds of safeguards needed to prevent deforestation.”
For more information contact in Bangkok
Stephanie Long, Friends of the Earth International : +61... (Australian mobile number)
Meena Raman, Honorary Secretary of Friends of the Earth Malaysia : _+ 60 12 43 00 042 (Malaysian mobile number)
Tom Picken, Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland Tel : +44 7810 55 82 47 (UK mobile number)
Kate Horner, Friends of the Earth US : Tel : +1 ... (US mobile number)
Linda IJmker, Friends of the Earth Netherlands +66... (Thai mobile valid until Oct.11 only) or Friends of the Earth Netherlands Press office +31 20 5507 333
Makoto Ehara, Friends of the Earth Japan +66 848... (Thai mobile valid until Oct.10 only) or +81 806 647 1333 (Japanese mobile)
(ENDS).
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vendredi 2 octobre 2009
Les négociations de Bangkok sur le climat : la France arrive (encore!) les mains vides sur le soutien aux pays en développement
Communiqué de presse du RAC-France, WWF, Greenpeace, 1er octobre 2009
Alors que l'Asie est touchée de plein fouet par de graves inondations, faisant plusieurs centaines de victimes et plusieurs milliers de déplacés, les négociateurs à Bangkok se refusent toujours à mettre la main à la poche pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique.
Personne n'est dupe : sans argent, il n'y aura pas d'accord à Copenhague. D'après Elise Buckle du WWF France : « Il faut d'urgence mettre en place un véritable plan Marshall, doté d'au moins 110 milliards d'euros par an à la fois pour la réduction des émissions et l'adaptation dans les pays du Sud ». Pour la France, cela représente à peine plus de 4 milliards d’euros annuels, soit 7 fois moins que les dépenses militaires françaises.
La Commission européenne a pourtant fait un timide pas en avant en publiant début septembre une communication sur les finances climat dans laquelle elle estime les besoins des pays en développement à 100 milliards d'euros par an. Cependant, elle renvoie la responsabilité de payer aux pays en développement eux-mêmes ainsi qu'au marché du carbone. Résultat : la part du financement public européen se chiffre entre seulement 2 à 15 milliards d'euros par an d'ici à 2020. De plus, rien ne garantit que cet argent ne sera pas de l'aide publique au développement recyclée sous le label « financement climat ».
La position française sur le futur mécanisme de lutte contre la déforestation (REDD) est du même acabit : limiter les financements publics et promouvoir, par défaut, le marché du carbone..
La proposition de la Commission a été l'objet de vives critiques de la part des pays en développement à Bangkok. Selon eux, l'Europe, du fait de sa responsabilité historique, doit accepter d'engager bien plus d’argent public pour les soutenir. Enfin cette proposition ne représente pas officiellement la position des pays européens. En effet, lors de leur dernier sommet du 17 septembre, les Chefs d’Etat européens, dont Nicolas Sazkozy, ont refusé de reprendre ces propositions à leur compte.
Pour Morgane Créach du RAC-France : « La stratégie française de négociation est totalement déséquilibrée : sans même leur proposer un soutien financier à la hauteur, la France exige des pays en développement qu'ils réduisent leurs émissions et les menacent même de taxer leurs produits aux frontières de l’Europe s’ils ne s'exécutent pas. Nous attendions qu'elle envoie un signal positif envers les pays du Sud. Malheureusement, elle s'emploie plutôt à torpiller cette proposition dans les coulisses de Bruxelles sous couvert de ne pas abattre toutes ses cartes avant Copenhague ».
L'Europe comme les Etats-Unis et le Japon arrivent donc encore une fois les mains vides alors qu'il reste moins de 70 jours avant la conférence de Copenhague.
Pour Elise Buckle de WWF France « le déficit public ne doit pas servir d'excuse pour ne pas agir, sans quoi ce sont les générations futures qui paieront la facture du climat ! ».
Contacts sur place à Bangkok :
Morgane Créach, directrice pôle international au RAC-France : 06.89.78.44.93
Elise Buckle, responsable énergie-climat au WWF France (numéro en Thaïlande) : +66 (0)8.23.27.88.03 ou +41 79 278 48 90
Contacts à Paris :
Karine Gavand, responsable campagne climat à Greenpeace France : 06.77.04.61.90
Jérôme Frignet, responsable campagne forêt à Greenpeace France : 06.79.93.15.30
Camille Lajus, responsable relations presse au WWF France : O6.19.76.03.09
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Alors que l'Asie est touchée de plein fouet par de graves inondations, faisant plusieurs centaines de victimes et plusieurs milliers de déplacés, les négociateurs à Bangkok se refusent toujours à mettre la main à la poche pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique.
Personne n'est dupe : sans argent, il n'y aura pas d'accord à Copenhague. D'après Elise Buckle du WWF France : « Il faut d'urgence mettre en place un véritable plan Marshall, doté d'au moins 110 milliards d'euros par an à la fois pour la réduction des émissions et l'adaptation dans les pays du Sud ». Pour la France, cela représente à peine plus de 4 milliards d’euros annuels, soit 7 fois moins que les dépenses militaires françaises.
La Commission européenne a pourtant fait un timide pas en avant en publiant début septembre une communication sur les finances climat dans laquelle elle estime les besoins des pays en développement à 100 milliards d'euros par an. Cependant, elle renvoie la responsabilité de payer aux pays en développement eux-mêmes ainsi qu'au marché du carbone. Résultat : la part du financement public européen se chiffre entre seulement 2 à 15 milliards d'euros par an d'ici à 2020. De plus, rien ne garantit que cet argent ne sera pas de l'aide publique au développement recyclée sous le label « financement climat ».
La position française sur le futur mécanisme de lutte contre la déforestation (REDD) est du même acabit : limiter les financements publics et promouvoir, par défaut, le marché du carbone..
La proposition de la Commission a été l'objet de vives critiques de la part des pays en développement à Bangkok. Selon eux, l'Europe, du fait de sa responsabilité historique, doit accepter d'engager bien plus d’argent public pour les soutenir. Enfin cette proposition ne représente pas officiellement la position des pays européens. En effet, lors de leur dernier sommet du 17 septembre, les Chefs d’Etat européens, dont Nicolas Sazkozy, ont refusé de reprendre ces propositions à leur compte.
Pour Morgane Créach du RAC-France : « La stratégie française de négociation est totalement déséquilibrée : sans même leur proposer un soutien financier à la hauteur, la France exige des pays en développement qu'ils réduisent leurs émissions et les menacent même de taxer leurs produits aux frontières de l’Europe s’ils ne s'exécutent pas. Nous attendions qu'elle envoie un signal positif envers les pays du Sud. Malheureusement, elle s'emploie plutôt à torpiller cette proposition dans les coulisses de Bruxelles sous couvert de ne pas abattre toutes ses cartes avant Copenhague ».
L'Europe comme les Etats-Unis et le Japon arrivent donc encore une fois les mains vides alors qu'il reste moins de 70 jours avant la conférence de Copenhague.
Pour Elise Buckle de WWF France « le déficit public ne doit pas servir d'excuse pour ne pas agir, sans quoi ce sont les générations futures qui paieront la facture du climat ! ».
Contacts sur place à Bangkok :
Morgane Créach, directrice pôle international au RAC-France : 06.89.78.44.93
Elise Buckle, responsable énergie-climat au WWF France (numéro en Thaïlande) : +66 (0)8.23.27.88.03 ou +41 79 278 48 90
Contacts à Paris :
Karine Gavand, responsable campagne climat à Greenpeace France : 06.77.04.61.90
Jérôme Frignet, responsable campagne forêt à Greenpeace France : 06.79.93.15.30
Camille Lajus, responsable relations presse au WWF France : O6.19.76.03.09
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